Les Grottes de Calès, Les Habitats Troglodytes -10 000 av.J.C

Les grottes de Calès, sont près de Lamanon dans les Bouches-du-Rhône, du côté oriental du massif des Alpilles. Le site à servit d'habitat et fut occupé dès l'époque « préhistorique » jusqu'au XVème siècle de notre ère.
Les habitats troglodytiques creusés par l’homme se composent, sur plusieurs étages de la falaise. Ils servirent soit de refuge, soit de résidence au cours des millénaires et peut être plus récemment comme lieu de stockage. La falaise est composée d'une série d’anfractuosités creusées par l'homme jusqu'au sommet.
Jean Aliquot, docteur en archéologie médiévale et auteur, pense que le site à tout d'abord servi d'habitat aux Ligures, un peuple protohistorique indo-Européen.
On dénombre à ce jour 58 cavités dans le cirque et autant alentour. André Yves Dautier avancera que c’est d'ailleurs l'un des sites le plus important de la région. Les traces d'occupation s'étalent de la Préhistoire à la Protohistoire jusqu’au XVème siècle de notre ère.
La difficulté qu’a représente la datation du site, correspond à la difficulté que nous avons de daté avec précision la période de la préhistoire en Europe. Elle a été initialement définie comme la période comprise entre, l’apparition de l’Humanité et l’apparition des premiers documents écrits.
L'Histoire commence avec l'écriture, cependant celle-ci n'apparaît pas simultanément dans toutes les régions du monde. La notion de Protohistoire a donc été introduite pour nommer l’époque au cours de laquelle des populations qui ne possèdent pas l’écriture, mais sont toutefois mentionnées par des textes émanant d’autres peuples contemporains : par exemple les Gaulois avant la conquête de la Gaule par les Romains, décrits par des auteurs grecs et latins.
« Les chercheurs faisant autorité en la matière, tels que Jean Guilaine et Marcel Otte, voient la Protohistoire commencer au tout début de l'économie de production. Dans cette acceptation la plus large, elle s'intercale entre la fin de la Préhistoire stricto sensu et l'Antiquité en intégrant le Néolithique (voire le Mésolithique -15 000ans à -10 000ans pour Marcel Otte) et les âges des métaux pour les populations sans écritures avérées : âge du cuivre, âge du bronze et âge du fer. »
Les habitats troglodytiques creusés à même la roche composent les parties les plus intéressantes du site mais aussi les plus anciennes.
On accède aux habitats troglodytiques par de petits escaliers taillés également dans le roc. La présence de trous de boulins dans la falaise montre que certaines excavations n'étaient accessibles que par des échelles de branchages ou tout simplement de bois. Des rigoles creusées dirigeaient les eaux de ruissellement vers des citernes et des aiguiers.
Pour la période féodale, les grottes furent habitées du XIIe siècle jusqu'au XVIe siècle de notre ère par une population qui a varié entre 120 à 220 habitants.
C'est durant cette dernière période d'occupation que datent les aménagements les plus sophistiqués avec cheminées, placards, tasseaux et feuillures de portes.
Le site de Calès, dont on est assuré qu'il servit maintes fois de refuge à la population de Lamanon est à mettre en rapport avec le castrum de Alamanone, daté du XIe siècle. L'histoire montre qu'au cours des années 1390, les habitants eurent à subir la vindicte des troupes de Raymond de Turenne. Non seulement elles saccagèrent le château mais provoquèrent la fuite de la population dans les grottes. Deux siècles plus tard, elles servirent encore une fois de refuge, lors des guerres de religion, à Carrier d'Alleins et à ses bandes qui n'abandonnèrent le fort qu'après l'avoir mis en l'état de ruines. Les grottes furent définitivement abandonnées en 1586, au cours de ces mêmes guerres de religion5.

Si les différentes périodes d'occupation restent difficiles à dater avec précision, il n'en est pas moins indéniable que cet ensemble avec ses escaliers et ses gradins pour l'ancrage des maçonneries constituent un ensemble architectural unique pour un site remontant potentiellement à 10 000ans minimum. Comment ont-ils pu à cette époque aménager leur habitat à même la roche.
La taille des blocs ainsi que le caractère spécifique du lieu nous renvoie directement aux habitas de la même période et du même type en Europe et dans le monde. L’énigme de nos civilisations les plus reculés et leur niveau de techniques et de connaissances font avancés la recherche tous les jours de plus en plus. Plus le temps passe et plus nous sommes forcés de constaté leur formidable culture qu’ils avaient déjà bâti il y a plus de 10 000ans.
Ce site est aujourd'hui couronné par une statue de la Vierge qui domine le village troglodyte de Calès.

Loïc Occhipenti
Etude des civilisations Disparues
Le 09/05/2019 "

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