Dolmen Balma de Na Cristiana

Le Dolmen de Na Cristiana pyrénées Orientales
Réalisateur Loic Occhipenti
Association Etude des Civilisations Disparues

Balma est d'origine Celte. Il estutilisé en Catalogne pour désigner des grottes ou des lieux proches de grottes, mais aussi pour des dolmens. Le mot est passé en catalan et signifie « grotte peu profonde » ou « abri sous roche ».

Le mot catalan Na vient du latin Domina, « Dame ». et Cristiana (ou Crestiana) signifie « Chrétienne ».

Jacques Freixe, en 1903, rapporte que la dénommée Cristiana était une ancienne propriétaire du terrain où se situe le dolmen. Comme souvent dans la région, le nom de ce dolmen est probablement basé sur une légende concernant la personne supposément inhumée à cet endroit, comme d'autres dolmens de la région qui sont censés abriter des restes de Maures « Cristiana » pourrait être aussi une christianisation de la légende.

Les dolmens des Pyrénées-Orientales, y compris ceux qui sont attestés par des sources anciennes mais n'ont pas été retrouvés, sont tous situés dans les zones accidentées ou montagneuses du département, généralement sur un col, une ligne de crête ou une hauteur.

Le dolmen de Na Cristiana ne fait pas exception : il est situé sur le flanc sud du puig Sant Cristau, à 650 m d'altitude, sur un petit replat d'une ligne de crête, au pied d'un chaos rocheux.

La Balma de Na Cristiana est un dolmen à couloir orienté, comme beaucoup des dolmens des Pyrénées-Orientales, vers le sud-est. Il est constitué de sept dalles verticales formant trois murs en rectangle sur lesquelles repose une large pierre plate, appelée dalle de couverture.

La Balma de Na Cristiana est supposé avoir été érigé vers le Néolithique final. Il est pillé très tôt. Une dalle est renversée, sans doute volontairement, au Moyen Âge, peut-être au XIIIe siècle. Il sert d'abri à de nombreuses époques11.

Selon Jean Abélanet, le premier à mentionner ce dolmen est Paul Pallary en 188712. Cependant, le 27 février 1847, Prosper Mérimée donne lecture, devant le Comité historique des arts et monuments, à Paris, d'une lettre écrite par François Jaubert de Passa qui fait un bilan des anciens monuments païens des Pyrénées-Orientales et mentionne13 :

« Vers l'extrémité occidentale des Alberas, avant le col de Bellegarde, est un dolmen très-dégradé, appelé roc de la Christiana. »

Le dolmen est décrit par Jacques Freixe en 190314. Selon une critique de 190415 :

« M. Freixe recherche à qui il faut en attribuer la construction et discute les documents susceptibles d'indiquer quelles furent les anciennes populations du Roussillon. Il conclut, peut-être un peu rapidement, que ce sont les Sordes, ancêtres des Volques Tectosages, et laisse entendre que les dolmens du pays « étaient destinés à offrir des asiles aux dieux, afin de s'attirer leur bienveillance ». »

Freixe, qui a procédé à des fouilles, n'a trouvé aucun ossement et en déduit que le dolmen n'a pas servi de sépulture, de plus, il confond l'espace laissé au sud par la dalle déplacée avec une ouverture du dolmen. Il décrit lui aussi un monument en très mauvais état. En effet, les deux dalles adjacentes à la dalle de chevet sont manquantes, la dalle la plus à l'est est renversée et les deux restantes, au nord, sont si érodées qu'elles ne soutiennent plus la dalle de couverture, qui n'est plus horizontale.

Jean Abélanet visite le dolmen en 1964, puis le fouille en 1970. En septembre 1988, le dolmen est à nouveau fouillé, puis restauré. La restauration consiste à replacer les deux dalles adjacentes à la dalle de chevet, à relever la dalle de couverture en la calant avec des pierres du côté nord et à couler une dalle de béton sur le sol afin de décourager les fouilles clandestines "

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